interview la draft /// lejournaldebord.fr

J'ai rencontré AB, Smith et Ousmane via Danesh leur RP. Je me suis rendu au premier Pop Up de la marque fin Janvier qui a pris place Passage Choiseul dans le 2ème arrondissement. Le concept de l'upcycling ne m'était guère familier alors quelle meilleur occasion de pouvoir me familiariser avec celui-ci par l'intermédiaire du travail de La Draft qui officialise sa deuxième collection. J'en ai profité pour passer la fin d'après midi avec eux, photographier leur installation et discuter avec les protagonistes de leurs passions communes pour les vêtements, le message qu'ils veulent promouvoir et de leurs aspirations communes à éveiller les conscience en faisant la promotion du slow fashion...

à Paris : une discussion avec La Draft.

Interview & Photography Farade Nicolas

 


Une petite présentation?
Ousmane
: 29 ans, je suis mécanicien avion chez Air France. J’ai grandi à Moissy Cramayel dans le 77 où j’ai également fait mes études. Smith vient de la même ville, c’est un ami d’enfance de ma soeur. Tu vois dans la série Prince De Bel Air il y'a ce personnage -Jazz- qui venait souvent à la maison bah en fait ce personnage chez moi c'était Smith! 
Smith : 31 ans, je suis juriste, j’ai un master en droit public des affaires et en droit européen internationale. J’ai grandi dans différents endroits mais j’ai passé pas mal de temps à Moissy Cramayel comme te l’a dit Oussman que j’ai beaucoup côtoyé étant gamin.
AB : 30 ans, j’ai grandi en Haute-Savoie. Je suis ingénieur chez la SNCF. J’ai quitté très tôt le domicile familial pour intégrer une école de foot. J’ai fait des études scientifiques après avoir eu mon Bac j’ai effectué un DUT mesures physiques. J’ai entrepris un voyage à New York qui a duré 3 mois dans le but de décrocher une bourse scolaire dans le foot. Malheureusement je n’ai pas pu rester finaliser ses études. Une fois rentré en France je me suis installé à Paris.
Ousmane : Ce qui est assez anecdotique quand j’y repense c’est le lien qu’on a tous avec New York. 

C’est à dire?
Ousmane
: Et bien j’ai rencontré AB à là-bas dans une auberge de jeunesse et à vrai dire je pensais qu’il était New Yorkais! Non mais plus sérieusement, notre entente s’est faite naturellement. Comme je te l’ai dit Smith et moi nous nous connaissions depuis l’enfance, mais on s’est vraiment rapproché quand il est venu à New York. On s’est retrouvé là-bas au mêmes dates, on a passé presque tout le voyage à chiller ensemble! C’est assez fou. De retour à Paris j’ai présenté Smith à AB et tous les trois on a commencé à traîner ensemble etc…

Ousmane : Evidemment la musique. À force de regarder les clips, spécialement américains, tu commences à imiter leurs manière de s'habiller puis leurs gimmick. D’ailleurs, je me souviens que j’étais le seul à écouter du N*E*R*D, groupe qui avait des inspirations rock et que les gens autour de moi ne comprenaient pas. J’avais un style décalé, légèrement atypique, car je pense avoir été ouvert d'esprit très jeune.
Smith : Pour ma part si je devais évoquer mes référents vestimentaire, à vrai dire ce n'était rien de vraiment très original si ce n’est le Hip Hop, la musique américaine comme beaucoup de jeune à mon époque. Sans oublier Paris qui est pour moi l'une des capitales influente de la mode. J'ai aussi des inspirations sportives, Oussman et moi partageons un penchant commun pour le basket, forcément le style des joueurs nous inspire.
AB : J’ai toujours été admiratif du style que pouvait avoir les skateurs et les jeunes des quartiers populaires. Ce qui est marrant c'est qu’il existait un petit conflit entre ses deux groupes, je ne comprenais pas pourquoi parce que selon moi, les deux styles sont uniques. Il m’arrivait de mixer les deux. Mes grands cousins avaient des sappes plutôt cool et c’est vrai que je leur prenais pas mal de choses même si c’était trop grand pour moi! 

À quel moment et comment le projet s'est-il construit?
AB : En 2015. Tout a commencé à partir d’un constat où l’on avait trop d’habits qu’on achetait plus ou moins cher et que nous portions une saison ou deux puis qu’on laissait de côté par la suite pour acheter de nouvelles choses. Alors, j’ai commencé à redessiner mes propres vêtements et à les emmener chez le couturier pour les faire retoucher. 

C’était des vêtements qui avaient des défauts, qui étaient usés?
AB
: Non du tout, c’est la coupe qui ne me plaisait plus. J’ai retouché tout ce que j’avais amassé avec les années tout simplement car mon style évoluait. Et puis tout le monde autour de moi trouvait ça cool, je ne recevais que des commentaires positifs. Cela m’a donc fait réfléchir. Quand nous nous sommes rencontrés il était évident que nous avions un lien commun, nous partagions une esthétique similaire sans pour autant avoir le même style. Smith à ce moment était encore pris par ses études et Oussman et moi même travaillions déjà.

Donc tu recoupais tout tes vêtements.
AB
: Oui en quelque sorte, puis avec le temps je m’amusais à rajouter de la matière, du tissu, à changer les cols et ainsi de suite…

Entre l’idée de départ et la concrétisation du projet, combien de temps cela vous a t-il pris?
AB
: Deux ans. Nous avons lancé notre site internet en Mars 2017 et fait notre premier évènement fin Janvier 2018 dans un Pop-Up à Paris passage Choiseul.

Comment l’idée d’appeler votre projet la Draft est-elle apparue?
Ousmane
: À la base ça part d’une expression qu’on a lancé entre nous, une façon de se charier très amicalement. Du genre : « si t’es mal sapé tu ne peux pas rentrer dans mon équipe ». Si tu es familier avec l’univers du sport américain, la Draft c’est une cérémonie dans la NBA et la NFL où les jeunes joueurs sont promus dans des équipes de niveau supérieure.

 

Le lien avec les vêtements est simple : comme un joueur qui est Drafté, le vêtement passe de l’ombre à la lumière. 
AB : Le véritable déclic s’est produit quand Smith a assisté à la Fashion Revolution week.

Qu’est-ce que c'est?
Smith : C’est une semaine de contre fashion week dédiée à la Slow fashion. Il me semble que cet évènement a été crée juste après l’incident qui a eu lieu au Bangladesh le 24 Avril 2013 au Rana Plaza après l’éffondrement d’un bâtiment ou des ouvriers/ouvrières travaillaient dans des conditions déplorables. Les acteurs de la Slow fashion se réunissent pour réfléchir ensemble à des moyens de lutter contre une industrie qui on le sait pollue énormément. L’industrie du textile est la deuxième plus polluante au monde. Nous avons donc réfléchi à l’impact écologique de notre processus de création et production pour qu’il soit en accord avec nos convictions. Il est important d’être éveillé écologiquement et socialement car comme on te l’a dit, nous venons de quartiers populaires et il était important que ces questions là soient traitées de manière consciencieuse.

How do you choose the people you work with?
AB
: We obviously have to test their skills but I think it is mainly about trust & instinct. It could happen to work with some who have never done the things we ask them to do.

You are giving them challenges to overcome.
AB
: Yes that's right. Most are from the older generation. I think that because we maintain very friendly exchanges with them they want to do everything they can to help us. It makes them happy that young people come to ask for their expertise.
Oussman: In a certain way it's also rewarding for them when we present the project and show our real interest we feel that they are affected by it in a really good way.

How many people do you work with?
AB
: Three tailors. 

What is your customer base, how do you position yourself in the market?
AB
: It's hard to say. I would say around 25 to 85 years old! At first we were only targeting menswear now we are doing unisex clothing. Despite us it attracts way more women because they are consuming more than men. What is interesting with the older people is the quantity of quality garments they own, it's fantastic to experiment with those.

The person must be awake and understand the message you are trying to deliver which may be more difficult for the newest generation to understand...
Smith
: Yes they have to understand that you have to consume less but better.

What are you planning in the months, years to come?
Smith
: Keep growing our capsule collections, develop furthermore stuff. Also by traveling to different parts of the world, we want to look for new clothes to be able to tell other stories. Regarding the service we are offering, we would like to create places in Paris or elsewhere where people can go and Draft their wardrobe.
AB: The idea is that if you have a coat you Draft once, you can Draft it again the next year by adding more stuff.

Is there a particular material you enjoy working at the moment?
AB
: I would say wool.
Smith: Especially when we have the opportunity to work on pieces like coats and sometimes suits.
AB: It happens when we are designing new stuff to be surprised with the final result itself.
 

Is there a particular material you enjoy working at the moment?
AB
: I would say wool.
Smith: Especially when we have the opportunity to work on pieces like coats and sometimes suits.
AB: It happens when we are designing new stuff to be surprised with the final result itself.Smith: It's true that it is a real pleasure to be lucky enough to work on such garments. For example, we had to work Louis Vuitton suit the other day brought by an old man. 

What do you think about Paris, do you see yourself living elsewhere?
Smith
: I always grew up on the outskirts of Paris but I used to come to the city a lot. I have my habits there, I could not really tell you what makes this place so special to me.
Ousmane: We are living in the most beautiful city in the world, look around you, everywhere there is something outstanding to stare, the architecture is amazing, there are plenty things to see and do. The act of traveling also help. When you are getting out your comfort zone it is always rewarding to come home and realize how lucky we are to live here.
AB: I do not come from Paris but if I had to ask myself serious questions like starting a family, I would think twice about it. Nevertheless, I am young, Paris is the shit, I totally enjoy myself there.
Ousmane: I think we all need to be in cities that stimulate us creatively and Paris summarize this perfect entity.

 

Back to Interviews.
La Draft.